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"Et si la surinformation était l'un des maux de notre société contemporaine ?", nous interrogions-nous dans le premier volet de ce dossier panoramique... Le débat est assurément sociétal et pousse de nombreux spécialistes et anonymes à communiquer sur le sujet... Comme le souligne fort à propos Daniel Hillis (fondateur de Metaweb et d'Applied Minds), l'avancée des technologies de l'information, la puissance croissante des médias, notre faiblesse à recevoir l'information (superficialité de nos écrémages) sont les symptômes (pas les causes) d'une situation dramatique : nous avons un besoin insatiable d'information : "nous ne voulons pas seulement plus, nous avons besoin de plus" (131). Pour quelle raison ? Selon lui, nous avons besoin d'en savoir plus pour être mieux connectés à notre environnement et mieux le comprendre. Notre monde nous demande d'être plus intelligents même si pour cela, il faut sacrifier la "profondeur" de notre connaissance. Avec quelles conséquences ? Le débat – passionnant là encore - bat son plein sur Internet. Nicolas Carr est bien sûr de la partie et son article intitulé "Google nous rend-il idiot ?" est bien parti pour connaître un succès supérieur à sa perle précédente "IT doesn't matter" qui a défrayé la chronique il y a quelques mois sur la stratosphère IT. Lui, comme les autres, alimente le débat davantage par les questions que par les réponses : le Net érode-t-il notre capacité de concentration et de réflexion ? Les médias modèlent-ils notre processus de pensée ? L'électronique transforme- t-elle la manière dont on lit, et si oui, dans quel sens ? L'abondance de flux informatifs a-t-elle détruit l'isolement dans lequel nous affrontions le monde ? La surinformation nous rend-elle idiot ou est-elle liée à un nouveau besoin ? Si Daniel Hillis explique que "Nous avons besoin d'en savoir plus parce que nous avons à prendre plus de décisions : nous devons choisir notre propre religion, notre propre service de communication, notre propre service de santé." (131), d'autres affirment que nous avalons aussi béatement tout ce qui nous tombe sous les yeux pour tout oublier très vite et que nous perdons des facultés intellectuelles essentielles... Le débat est loin d'être clos... Evidemment ces préoccupations touchent de plein fouet l'information professionnelle. La surinformation peut-elle expliquer le fait que les salariés sont de plus en plus stressés, déprimés, en situation de mal-être et certainement moins disponibles dans leur travail ? Un débat à la fois nouveau et sensible sur lequel l'entreprise ne peut plus faire l'impasse. C'est incontestablement un aspect déroutant de "l'information overload" qui s'ajoute à toutes les questions plus matérielles liées au sujet auxquelles les structures professionnelles doivent déjà faire face. Pour tenter de répondre à ces préoccupations, elles se sont dotées de spécialistes des archives, de la documentation, de la communication ou de la législation et se sont équipées d'approches et de méthodes diversifiées pour canaliser l'information et la restituer. Un aperçu de ces initiatives est proposé dans ce deuxième volet. Il pousse à constater que le résultat est loin d'être parfait pour les entreprises : les flux informatifs les ont submergées, le législateur les a contraintes à agir (parfois dans un sens incompatible avec leurs impératifs technologiques), leurs DSI semblent fort en difficulté dès lors qu'il s'agit de mettre en place une solution globale et transversale pour gérer la production d'information de l'entreprise et vers l'entreprise (gestion de données, stockage, archivage, restitution...), leurs salariés semblent même prendre un malin plaisir à multiplier les bévues au risque de créer de sérieux problèmes juridiques à leur employeur et s'enthousiasment pour des technologies collaboratives, estampillées 2.0, dont on ne maîtrise pas du tout le contenu. Comment cela va-t-il finir ?... Quelques espoirs se fondent sur le pouvoir de l'expert et ses capacités à démêler ce sac de nœuds... Mais celui-ci, en se servant de toutes les innovations et technologies à sa disposition, saura-t-il élaborer un mécanisme suffisamment subtil pour maîtriser la surcharge informationnelle ?
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L'épineuse question de la surcharge des données soulève un nouveau défi pour les systèmes de stockage. Au fil des ans, les données se multiplient et les fichiers s'alourdissent (musique, photos et, surtout, vidéos). Selon les estimations des spécialistes, nous avons déjà dépassé la cote d'alerte : en 2007, le volume d'informations créées, alors qu'il était évalué à "seulement" 264 exaoctets, était censé dépasser la capacité de stockage disponible. En 2011, le volume du monde numérique devrait atteindre 1800 exaoctets ! De toute évidence, la capacité de stockage ne sera pas suffisante pour permettre un accès en temps réel à toutes ces informations. Il va falloir trier, archiver, se doter des outils et des politiques adéquates. Voilà de quoi faire réfléchir les partisans de la perpétuelle fuite en avant (1, 2, 3, 4).
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La question de l'overload dépasse largement le contexte de l'entreprise, elle touche chaque individu dans son contexte professionnel et dans sa vie privée. Mais l'entreprise et l'individu relèvent de deux sphères bien distinctes. Le trop plein d'informations n'est en effet pas vécu de la même façon selon qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre. D'un côté se trouve l'individu, le salarié – celui qui reçoit l'information -, sorte de shadok qui pompe les informations inlassablement. Il consomme les données et la plupart du temps, il les jette ensuite (avec les moteurs de recherche, normalement on peut tout retrouver, pas la peine de s'encombrer) ou alors il les entasse sans trop se préoccuper de ce qu'elles deviennent. Il a peu de contraintes. De l'autre se trouve la direction informatique, l'entreprise : non seulement elles sont confrontées à la même avalanche d'informations et aux mêmes problèmes que les particuliers, mais en plus, c'est à elles que revient la responsabilité de les gérer et de les conserver. Elles sont écrasées par l'immensité de la tâche. Et quand bien même les entreprises ne s'attaquent qu'à un "petit bout" de cette tâche, on se rend compte qu'elles sont totalement prises au dépourvu. Il suffit de citer l'exemple des emails : il faut être réaliste, rarissimes sont les entreprises qui maîtrisent le problème. Il est également utile de préciser que le danger de l'information overload n'est pas spécifique aux grands comptes, il touche toutes les entreprises quelle que soit leur taille (30). Ce phénomène qui devient de plus en plus préoccupant devrait s'amplifier avec l'arrivée des jeunes générations, promptes à surfer sur toutes sortes de médias pour s'informer. Pour elles, la surcharge d'information fait partie de leur quotidien et, à la différence de leurs aînés, cette idée ne les angoisse pas. Hormis les tentatives technologiques pour trouver une issue et qui viennent d'être passées en revue, d'autres voies pourraient venir d'une nouvelle approche comportementale, sociologique et philosophique de l'information overload. En la matière, certains pointent sur le fait que c'est à l'entreprise de former et de sensibiliser les salariés : "Dans les entreprises, les utilisateurs n'ont pas été préparés à cette situation, il faut leur donner les moyens de faire face" (30).
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Références bibliographiques des citations et éventuels liens Internet (liens validés le 19 mars 2009) :
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