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  La géolocalisation de personnes :
La meilleure ou la pire des choses ?

En situation de mobilité, se localiser est un préambule à nombre de conversations, tout comme il est courant de contacter des personnes en déplacement pour leur demander où elles sont. On peut ainsi estimer que se situer géographiquement est un acte social plutôt élémentaire dans notre société... Partant de ce constat, une vaste panoplie de services de géolocalisation et de cartographie sociale se sont développés. Peu à peu, ils se sont insinués dans le quotidien des individus afin de les aider à mieux accéder à l'information qui les entoure : retrouver des amis à proximité, obtenir la liste des restaurants les plus proches de leur point de chute, surveiller un malade... Or, prendre en compte la localisation d'un individu revient, très rapidement, à entrer dans son intimité, dans sa vie privée. Cela n'a rien d'anodin... Cette incursion dans la vie privée est même devenue une véritable pierre d'achoppement qui pousse à se demander si finalement la géolocalisation des personnes n'est pas à la fois la pire et la meilleure des choses.

Car la question est, à ce jour, loin d'être réglée... Et elle se montre d'autant plus explosive que toutes sortes d'applications de géolocalisation sont sans cesse lancées sur le marché dans un réel bouillonnement créatif ; certains "alchimistes" s'autorisent même à les croiser avec d'autres informations pour en tirer des conclusions plus ou moins étonnantes. Une brève de 01 Informatique du 21 mai 2009 présentait ainsi l'application de Microsoft appelée Vine qui crée des liens entre les adresses présentes dans le gestionnaire de contact d'une personne et diverses sources d'alertes (prise d'otages, incendie, crime, foyer d'épidémie, crash d'avions...) : de quoi vivre dans un stress permanent pour l'avenir de ses proches. De quoi aussi s'interroger : jusqu'où peut-on aller dans le traitement des données géolocalisées et leur manipulation ? Le débat sociétal fait cruellement défaut et bizarrement peu de sites ou d'articles de presse semblent s'en émouvoir comme si les dés en étaient déjà jetés, tant les bénéfices promis par la géolocalisation des personnes sont conséquents. Pourtant, plus que jamais, il est temps de chercher à cadrer l'irruption de ces applications dans notre vie et à déterminer quelles sont les limites acceptables.

Les systèmes et services de géolocalisation se multiplient

Comme le souligne Hubert Guillaud sur le site Internet Actu, la localisation de chacun est devenue un enjeu technologique de premier plan. De nombreux acteurs y voient une nouvelle poule aux œufs d'or et espèrent bien mettre le doigt sur le levier qui actionnera le jackpot (1).

L'idée bien sûr ne se résume pas au fait de permettre à un individu d'entrer en contact avec une autre personne géographiquement proche de lui (boussole sociale) mais de lui faire "bénéficier" de services de proximité dans toutes sortes de domaines : commerce électronique (m-commerce, zone de chalandise), publicité (coupons, promotions, sponsoring...), jeux (y compris multi-joueurs), information (météo, cartographie, navigation routière, urgence, loisirs et divertissements, informations professionnelles, guide pratique, surveillance avec un champ d'application très large : bracelets électroniques pour nouveau-nés, dispositifs GPS pour personnes âgées, téléphones portables "espions" pour collégiens et salariés...) (2, 12).

On peut ainsi dire que les LBS (Location-Based Services), sont des services d'infomobilité, qui utilisent une combinaison de technologies permettant de jouer sur trois capacités : Identifier avec précision les coordonnées géographiques d'un objet ou d'une personne. Transmettre ces informations « en continu » et « en temps réel ».

Si la localisation de personnes tend à se répandre autant aujourd'hui, c'est parce qu'elle s'effectue à partir d'objets courants : téléphone, voiture, pass Navigo, ordinateur, carte bancaire... (14) et cela presque naturellement, en s'appuyant sur des technologies très répandues. Les services de géolocalisation reposent en effet sur deux technologies courantes dont le choix conditionne leur champ d'application : les systèmes GPS (Global Positioning System) et les réseaux GSM de téléphonie mobile (7). Auxquelles s'est ajoutée plus récemment une troisième possibilité : la géolocalisation Wi-Fi.

Leur succès croissant conduit Audrey Heiser sur le blog Market-king (actualité web 2.0 tendance & décalée) à affirmer : "En 2009, les services cartographiques seront THE interface utilisateur !" (22).

Ainsi ces nouveaux "fils à la patte" s'insinuent dans le quotidien (2) et le suivi de tous nos déplacements devient une fatalité à laquelle on s'habitue (14).
Les applications se multiplient et le marché des services fondés sur la géolocalisation est en plein essor. Il est difficile de faire un tour complet des multiples solutions qui naissent chaque jour, se montrant toujours plus alléchantes pour convaincre les citoyens de l'intérêt qu'ils peuvent avoir à se laisser pister (14). Parmi les plus récentes, on peut néanmoins relever ces tendances ou ces offres particulièrement éloquentes :

- Du côté d'Apple, le succès de l'iPhone a boosté la demande en services de géolocalisation sur ce produit. Il existe aujourd'hui près de 2000 applications dédiées à l'iPhone utilisant la localisation des données et ce chiffre pourrait bien être multiplié par cinq d'ici un an (40).
Selon le fournisseur d'informations de localisation Skyhood Wireless, plus de cinq nouvelles applications géolocalisées arrivent quotidiennement à l'App Store. Les applications de type social, la navigation et la recherche constituent plus de la moitié des applications géolocalisées voyant le jour sur l'iPhone (41).

- Google qui proposait déjà plusieurs services de géolocalisation en lien avec Google Maps, vient, pour sa part, de lancer le service Latitude, qui permet de communiquer en direct la position de son téléphone portable à ses contacts. L'application donne accès à un sur-ensemble de fonctionnalités de géolocalisation mobile et sociale. Google Latitude est accessible aujourd'hui dans 27 pays (dont la France) et disponible en 42 langues (14, 15). Les usages sont variés : accéder à son réseau social étendu, développer son réseau social de proximité, bénéficier de publicité géolocalisée et socialisée. En clair : des jeux, des rencontres, des recommandations et de la publicité locale (15).

- Quant au réseau social Facebook, il a lancé au Royaume-Uni le service Sniff qui permet à des amis de "renifler" votre trace off-line à tout moment de la journée, si vous leur accordez ce droit (17). Le système fonctionne déjà au Danemark et en Suède où l'on compte 80 000 utilisateurs qui ne semblent arrêtés ni par son coût ni par son côté Big Brother (17).

...

Peut-on échapper à la géolocalisation ?

La question est posée notamment par le journaliste Hubert Guillaud sur le site Internet Actu (1). Il explique que si la question de la géolocalisation touche principalement le secteur de la téléphonie mobile (et quelques autres objets), elle est en passe d'exercer son emprise sur un autre monde tout aussi gigantesque, celui des ordinateurs. Il prend pour exemple le récent module additionnel du navigateur Firefox, Geode, qui a l'ambition de permettre à n'importe quel site web de savoir (avec l'accord de l'internaute) où ce dernier se trouve. Il est certain que les ordinateurs étant de plus en plus souvent portables et donc mobiles, déterminer si son possesseur est chez lui, au bureau ou dans un autre endroit devient intéressant : à chaque situation peut correspondre des attentes, des services et des droits différents (accès à un réseau d'entreprise par exemple).

Alors échapperons-nous à cette vague de localisation généralisée ? Hubert Guillaud est pessimiste. La géolocalisation est en passe de devenir une application universelle. Il rappelle que nous avons bien fini par accepter les cookies lors de nos surfs sur Internet, alors pourquoi en serait-il autrement de la géolocalisation...

D'autant que les fournisseurs de solutions mobiles sont eux-mêmes acteurs de cet essor. Les experts rappellent ainsi dans la presse que, d'ici cinq ans, nos téléphones portables seront presque systématiquement équipés d'une puce GPS, comme c'est déjà le cas au Japon et aux états-Unis. Le choix se restreint et les fournisseurs se gardent bien de demander à l'utilisateur final son point de vue sur la question (8).

Les relations ambiguës entre l'usager, les prestataires techniques et la collectivité publique

Les services géolocalisés font entrer en scène plusieurs acteurs : l'usager, les prestataires techniques (opérateur, fournisseur de la technologie de localisation, infomédiaire), la collectivité publique (11). Marcel Pinet, membre de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, explique dans un document intitulé "Localisation des terminaux mobiles et protection des données personnelles" à quel point ces acteurs mènent un jeu ambigu à bien des égards :

Du côté de l'usager, Celui-ci est tiraillé entre ses attentes vis-à-vis de services fort pratiques et utiles (liste des bons restaurants à proximité ou encore solutions permettant de suivre à distance la trace de personnes vulnérables : personnes âgées dépendantes, parent atteint par la maladie d'Alzheimer, jeunes enfants...) mais potentiellement intrusifs dans sa vie privée (indiquant où il se trouve, à quelle heure, ce qu'il fait, éventuellement avec qui...) et son désir légitime de voir respecter cette vie privée (11).

Du côté des prestataires techniques, tous ont intérêt au développement des services. Eviter ou réduire la dispersion des informations de localisation et rendre l'opérateur responsable de la manipulation de ces données pourraient se montrer plus rassurant en termes de respect de la vie privée vis-à-vis de l'utilisateur. Le problème est que ce schéma est impossible à appliquer. Pour offrir une large gamme de services géolocalisés, l'opérateur est amené à nouer des partenariats avec d'autres prestataires (et il n'est donc plus le seul responsable) (11).

Du côté de la collectivité, nul ne peut contester le côté appréciable et réconfortant d'avoir des moyens mis à la disposition des services de secours et de sauvegarde des personnes. Cependant, Marcel Pinet craint que ces plates-formes de localisation ne se révèlent une véritable "aubaine" pour les services de police (11).
L'article est ancien (daté de 2001) et pourtant encore parfaitement d'actualité. La dynamique qui se dessine de plus en plus précisément est bien celle d'une circulation - voire d'un partage - des données de localisation entre les différents intervenants de la chaîne mais il est flagrant que les intérêts et les motivations de chacun ne sont pas du tout les mêmes et que les risques de dérives existent bien.

Quels sont les usages acceptables, quels sont les risques ?

Toutes ces ambiguïtés soulèvent de nombreuses questions qui, inévitablement, devraient déboucher sur un débat éthique (2) : peut-on accepter d'être pisté en permanence ? Faut-il créer un droit à la dé-géolocalisation ? Où sont les limites, quels sont les risques ?... Car les dangers potentiels sont nombreux.

Perte du droit à la vie privée

Au nom de la protection des individus, la géolocalisation a effectué une véritable percée dans la sphère intime (2) : indiquer en permanence où l'on se trouve, implique aussi de donner beaucoup de renseignements sur sa vie privée et professionnelle, avec tous les risques que cela suppose (10).

Il suffit de prendre l'exemple d'un créneau porteur : l'inquiétude familiale. Des services comme Ootay ou Kiditel (8) qui permettent de pister des adolescents possesseurs d'un téléphone mobile séduisent bien des parents (2). Point positif relevé par le sociologue Gérard Mermet, "ces systèmes permettent de conserver des liens forts au sein de la cellule familiale dans un monde de plus en plus nomade", voire de les renforcer. Mais, par ailleurs, n'y a-t-il pas "une volonté de maîtriser son petit monde et de le rendre le plus sécuritaire possible...". Quitte à frôler la paranoïa (2). La législation précise que l'adolescent doit donner son accord pour mettre en place un tel service, mais ce type de garde-fou sera-t-il suffisant pour éviter l'écueil de la surveillance abusive ? "Et le GPS ne risque-t-il pas de faire grandir ces enfants dans un environnement où la vie privée n'a plus aucune valeur, comme le dénonce l'ONG Privacy International" (8) ou même les "CNIL européennes" (le G29). "Ces dernières se montrent inquiètes de voir les mineurs habitués à être suivis (notamment par des bracelets électroniques destinés à rassurer les parents), au risque de conditionner toute une génération pour qui ce type de surveillance devient la règle" (13).

Pire, la géolocalisation se développe sur les applications de type réseaux sociaux, un univers où justement l'absence de vie privée domine et soutient même le modèle économique de nombreux sites : c'est l'essence même de ce business. De ce fait, pour Claudio Schapsis sur le blog "Location based services – business only", la balle serait dans le camp des utilisateurs : c'est au client de se protéger. La lecture des chartes des réseaux sociaux s'appuyant sur la géolocalisation se montre ainsi édifiante en matière de vie privée (39).

Perte de liberté

La CNIL ne mâche pas ses mots : la géolocalisation via le GPS ou le RFID est "potentiellement liberticide" (13).

En fait, tout dépend de quel point de vue on se place. Dans le cas des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, le bracelet de géolocalisation par GPS permet au patient de retrouver une certaine liberté mais d'un autre côté, comme le souligne Yann Padova, secrétaire général de la Cnil, "la géolocalisation généralisée constituerait une infraction à la liberté d'aller et venir librement et anonymement" (2).

Penser à tort que la géolocalisation est un moyen de se protéger de tout

Dans le cas des bracelets de géolocalisation, Alex Türk (CNIL) prévient : "Là encore, il existe un danger. L'appareil ne doit pas se substituer à l'humain. Pour les nouveau-nés comme pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, rien ne remplace le contact avec une sage-femme ou une aide-soignante" (2).

Il faut aussi de méfier d'une situation qui mènerait à la paranoïa, et pousserait à croire que le fait de pouvoir en tout temps être géolocalisé soit un gage de sécurité (rapidité d'accès au secours, d'intervention de la police)... Et pourtant, les exemples allant dans ce sens ne manquent pas : on a ainsi vu récemment la montée croissante au Mexique d'une pratique consistant à implanter une puce GPS permettant de retracer une personne en cas d'enlèvement (3). Inquiétant.

N'oublions pas enfin que toute technologie peut tomber en panne. Quelles seront les conséquences ? Qui seront les responsables ? Les utilisateurs sont-ils prêts à accepter la panne et à perdre leur "boussole" ? Certains dispositifs comme l'iPhone ont parfois des problèmes de mises à jour qui font que les gens savent où vous étiez et non plus où vous êtes à l'instant présent. Dans nombre de cas, ce décalage se traduit par des rendez-vous manqués (37), mais les conséquences d'un manque de fiabilité d'une localisation peuvent être plus graves.

Crouler sous les messages et les spams en tout genre

"Un portable qui rappelle de ne pas oublier d'acheter de la litière lorsqu'il détecte qu'on passe à côté du supermarché, c'est pratique", souligne le blogueur Clochix. Mais, ajoute-t-il, "est-ce que ces gains de confort valent la formidable perte de liberté qu'est en réalité cette exposition constante à Big Brother ?" (14). De plus, ne risque-t-on pas d'être très vite noyé sous les messages commerciaux et ne plus savoir où donner de la tête ? (10).

La législation contre le spam existe bien. Sur le plan du droit européen, la réglementation du spamming est expressément prévue par la directive votée le 30 mai 2002 (10). Les utilisateurs d'Internet doivent donner leur accord préalable avant de recevoir des courriers commerciaux non sollicités. Le texte a choisi de donner la primeur à la démarche volontaire de l'internaute, selon un mode dit de "soft opt-in" (10). Mais cela empêche-t-il nos ordinateurs d'être submergés ?

Etre importuné par les sollicitations incessantes des opérateurs de services pour obtenir votre consentement

Quel que soit le support (ordinateur, téléphone mobile...), la règle du jeu qui prévaut est de demander à chaque fois à un internaute s'il accepte ou non d'être géolocalisé. Concrètement, comment cette demande continuelle de consentement va-t-elle être vécue ? Tant que "la fonctionnalité est implantée sur peu de sites, nous pouvons surfer tranquillement. Mais que se passera-t-il quand tous les sites web nous demanderons cette information ? Quand demain, le moindre site nous demandera nos coordonnées pour nous servir de la publicité localisée ou mieux qualifier sa base de visiteurs ?". Il est possible que cela devienne exaspérant et que, lassé, on finisse par cocher systématiquement la case "toujours accepter" juste pour gagner du temps et bénéficier d'un service plus personnalisé (1). Mais avec quelles conséquences ?

Ne pas disposer de garanties permettant de savoir si une application est activée ou non

Les mécanismes de géolocalisation sont déjà largement utilisés pour contrôler les employés amenés à se déplacer (14), de là à se demander : et si ces derniers n'avaient plus la liberté de les désactiver ?
Cette question illustre parfaitement l'emprise croissante de la technologie dans notre vie. Il est encore temps d'y réfléchir et de réclamer un cadre pour la réguler.

"Aujourd'hui, tant que l'utilisateur est informé de l'existence des systèmes et en mesure de s'y opposer, le risque de dérive semble relativement contenu. Rien ne permet toutefois d'affirmer que ces garde-fous seront toujours suffisants face à des technologies toujours plus intrusives", observent les avocats Chloé Torres et Vincent Dufief (cabinet Alain Bensoussan-Avocats) (4).

D'autant que quelques signes sont pour le moins inquiétants. Privacy International qui a étudié Latitude, le service de géolocalisation sur mobile de Google, rappelle que celui-ci pourrait être activé à notre insu. Il considère que Google n'a pas encore mis en place tous les mécanismes nécessaires pour permettre de garantir que quiconque ne puisse être suivi sans qu'il le sache (14).

N'avoir aucune certitude sur la durée de conservation des données collectées

La gestion des flux des données rime avec le problème délicat de la collecte des données et des conditions dans lesquelles celles-ci sont conservées et exploitées.

Pour reprendre l'exemple du service Latitude, la CNIL s'interroge sur la durée de conservation des informations par Google. Ce dernier prétend ne stocker que la dernière localisation, mais l'autorité de contrôle française ne veut pas s'en laisser conter et attend des garanties (14).

Le journaliste Hubert Guillaud soulève lui aussi cette crainte sur le site Internet Actu : "la question est de parvenir à établir des règles de fonctionnement claires pour que cette information-ci ne puisse pas être recoupée avec d'autres. Que les requêtes que nous effectuons sur un site et la géolocalisation ne soient pas conservées dans les serveurs sous le même identifiant par exemple, afin de ne pouvoir être tracées ou recoupées..." (1).

Le risque d'abus existe bien. Tous ces nouveaux usages posent des problèmes de vie privée, des problèmes juridiques, des problèmes de comportement... qui débouchent sur un débat éthique. Dans la parution "IEEE Technology and Society Magazine", Jérome E. Dobson et Peter F. Fisher lancent le terme de "géo-esclavage" - une nouvelle forme d'esclavage liée au contrôle de la localisation des individus. Et ils demandent aux spécialistes concernés de prendre au plus vite leurs responsabilités. Selon ces auteurs, il est nécessaire de mettre en place des garde-fous qui permettent des usages légitimes et empêchent en même temps des abus. Il est de la responsabilité professionnelle des développeurs, marketeurs et vendeurs de technologies LBS (Location-Based Services) de se préoccuper des conséquences, des lois et des normes qui peuvent s'appliquer. Il est de leur responsabilité sociale de repousser tout développement ou application visant à asservir des individus qui n'ont commis aucun crime et ne mettent pas en danger la sécurité des autres (36). Peter Joore va dans le même sens en proposant en conclusion de son enquête "Social aspects of location-monioring systems : the case of Guide Me and of My-SOS" des voies pratiques pour une maîtrise raisonnable des LSB (42). Seront-ils entendus ?

23 juin 2009 – Tous droits réservés - © documental - Marie-Pierre Alizay, Chantal Frasez

AU SOMMAIRE :

Comment vivre dans un monde géolocalisé : comment naviguer entre le "voulu" et le "subi"

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