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Peut-on communiquer efficacement lorsqu'on ne dispose que de 140 caractères pour s'exprimer ? En d'autres termes, le micro-blogging a-t-il vraiment un intérêt ? A en croire les blogueurs confirmés, Twitter, l'outil phare du domaine, est devenu Le nouvel outil indispensable de leur panoplie 2.0. Quant au nombre croissant d'utilisateurs qui testent l'application, ils affirment que l'essayer revient à l'adopter. Certains sont même devenus totalement "Twitterholics". Le phénomène a de quoi laisser perplexe. Cet engouement va-t-il faire boule de neige ? On peut effectivement s'interroger car, si les avis enthousiastes pullulent sur le web, tout n'est cependant pas parfait dans l'univers Twitter ; les problèmes d'ordre technique et financier auraient même tendance à se cumuler jusqu'à ébranler l'édifice encore bien fragile sur lequel repose l'outil de micro-conversation. La question qui vient à l'esprit est finalement de savoir si Twitter a réellement un avenir... Une question qui se traduit en moins de 140 caractères, preuve - s'il en est besoin - que l'essentiel se résume souvent en quelques mots ! Qu'est-ce que le micro-blogging ? Le micro-blogging est une nouvelle forme de communication quelque peu surprenante de prime abord. Il s'agit d'un site Internet de micro-conversation qui permet à un internaute de décrire en 140 caractères maximum (soit une à deux phrases) ce qu'il est en train de faire, de regarder, de manger, de penser ou encore quels sites Internet ou nouvelles ont retenu son attention. Ces courts messages s'appellent des tweets, des gazouillis en français, et peuvent être adressés massivement à des amis, collègues, adeptes ou membres d'une communauté (on parle de suiveurs ou followers) (26). Les billets peuvent être directement rédigés, publiés et reçus depuis l'interface du micro-blog mais aussi via un téléphone mobile, un email, une messagerie instantanée ou encore via un widget ou une application bureau (26, 31, 34). L'un des facteurs d'engouement pour les micro-blogs tient en partie aux technologies de diction, qui facilitent et accélèrent la constitution des messages puisque les utilisateurs se contentent de dicter leurs notes à l'oral (39). On trouve de plus en plus d'outils de micro-blogging sur le marché (Jaiku, TumblR, Twitrx, Pownce, Plurk...) (31), certains comme Yammer sont dédiés aux entreprises (40), mais c'est le produit Twitter qui tient le devant de la scène. Twitter, le chouchou des micro-blogueurs Né en 2006, Twitter est rapidement devenu le site de micro-conversation favori des blogueurs. Ceux-ci ont joué un rôle important dans son essor en le présentant à leurs lecteurs comme un média complémentaire du blog, idéal pour communiquer de façon plus spontanée. L'usage de Twitter a peu à peu pris de l'ampleur (31) et le succès aidant, le nom de l'application est devenu quasiment un générique pour désigner toutes sortes de plates-formes de micro-blogging, comme la marque "Frigidaire" est devenue un nom commun pour désigner les réfrigérateurs. A ce jour, on estime que les utilisateurs de Twitter se situent entre un et trois millions de personnes dans le monde (18). Concernant la France, si l'on se fonde sur les chiffres fournis par le blog Twitter facts, on s'aperçoit que Twitter est encore peu connu du grand public et que son utilisation reste très limitée (environ 5 000 utilisateurs) (3, 5). Quelles informations trouve-t-on sur Twitter ? L'examen de l'ensemble des tweets émis révèle au final un mélange d'informations personnelles ou liées au business et de messages complètement sans intérêt et inutiles. C'est pourquoi, le blogueur Fred Cavazza explique que Twitter est en quelque sorte la CB [ndlr, comprendre le système de radiocommunication des automobilistes] du web : "un pseudo-réseau social informel qui se développe et évolue au hasard des rencontres. Les messages y sont brefs et sincères, on s'échange des tuyaux, on demande des conseils, on raconte son quotidien à qui veut bien vous suivre " (46). Une analyse du contenu des tweets permet de distinguer cinq types de comportement sur Twitter (17, 28) : - ceux qui parlent de leurs émotions (15 %) - ceux qui discutent d'un sujet (20 %) - ceux qui partagent des liens (45 %) - ceux qui s'en servent comme fils de presse (20 %) - ceux qui spamment (marginal). Mais Twitter précisément pour quoi faire ? Dans un contexte général, grand public, les applications possibles de Twitter sont donc des plus variées : indiquer une présence, servir de pense-bête, jouer un rôle de coordination pour préciser une rencontre, transmettre une nouvelle très rapidement, informer, faire un sondage d'opinion, attirer l'attention sur un point particulier, donner ses impressions sur un fait, offrir l'opportunité d'en apprendre plus... Autant d'applications qui sont bien sûr transposables dans un contexte professionnel, ce que nous verrons dans un deuxième article portant sur l'intérêt du micro-blogging dans le cadre de l'entreprise. Un service a priori simpliste Pourquoi finalement un tel buzz autour de cette application ? Fred Cavazza explique que ce service à priori simpliste se révèle être une authentique pépite. D'abord parce qu'il s'agit un catalyseur de pratiques sociales de nouvelle génération. De nouvelle génération, "dans le sens où il s'agit de pratiques plus spontanées, plus informelles, avec davantage de proximité mais paradoxalement moins d'intrusion et de pollution" (46). Mais une simplicité qui rime avec efficacité Authentique pépite aussi car, avec Twitter, simplicité rime avec efficacité... Pour Fred Cavazza, il faut y voir "un outil incroyablement minimaliste qui est pourtant capable d'orchestrer des relations sociales bien plus complexes que ne le font les réseaux sociaux traditionnels (tel Facebook). L'activité sociale des réseaux de twitteurs est bien plus développée que vous ne l'imaginez : il se passe réellement quelque chose durant ces échanges éphémères où votre prochain n'est jamais très loin. Il vous suffit alors de solliciter vos followers pour obtenir une réponse quasi-instantanée" (46). Ce que beaucoup résument par la formule suivante : "Dis-moi ce que tu fais, je te dirai ce que j'en pense" (ou ce que je sais) (32). Des utilisateurs "addictes"... Parmi de nombreux témoignages d'utilisateurs disponibles sur le web, celui de Michael Arrington posté sur TechCrunch est particulièrement édifiant. Le blogueur écrivait en avril dernier que Twitter avait pris une place prépondérante dans sa vie professionnelle et privée ; il décrivait l'application comme un outil de marketing et de communication très puissant, mais surtout comme une habitude sociale dont il devenait difficile de se défaire (18). Il ajoutait qu'il venait de se rendre compte qu'aujourd'hui il avait bien davantage besoin de Twitter dans sa vie quotidienne que Twitter n'avait besoin de lui pour prendre son essor [ndlr : ses tweets distribués à plus de 17 000 followers ont contribué à médiatiser l'application]. ... qui surfent sur les nouvelles pratiques sociales D'autres exemples d'utilisation de Twitter font plutôt ressortir la tendance de certaines personnes à recourir à ce média en vogue pour attirer l'attention sur elles. L'actualité du moment met particulièrement en lumière son utilisation dans le monde politique : Twitter fait figure d'outil adéquat pour communiquer avec les citoyens, pour se rapprocher des électeurs (35). On trouve un exemple éclatant du succès du micro-blogging dans la campagne d'Obama aux USA. Obama aurait envoyé des tweets... à plus de 51 000 followers (9, 31). Mais finalement, toute la question reste de savoir pourquoi choisir Twitter plutôt qu'un autre outil de communication... Fred Cavazza explique sur son blog que la plupart des usages actuels de Twitter sont déjà pris en charge par d'autres outils (email, flux RSS...) mais ces derniers ont été progressivement détournés de leur usage premier et sont maintenant tellement pollués par notre usage quotidien qu'ils en sont devenus contre-performants (19). Dans un autre post, il précise pourtant qu'il ne faut pas voir dans le micro-blogging une quelconque évolution de l'email ou de la messagerie instantanée, qu'il s'agit simplement d'une nouvelle forme d'expression et d'interaction sociale (la CB remplace-t-elle le téléphone ?) (46). Beaucoup considèrent cependant le micro-blogging comme un hybride IM/blog (19). Il est vrai qu'il est difficile de ne pas jouer au jeu des comparaisons avec les autres médias sociaux. Ainsi, on peut dire que, par rapport à la messagerie instantanée, Twitter peut sembler plus confortable car les discussions, archivées, sont consultables a posteriori (40). Par ailleurs, contrairement aux services de messagerie instantanée traditionnelle, Twitter permet une discussion de groupe. "Tous les membres de votre communauté peuvent suivre et intervenir dans les conversations du groupe" (34). A la différence du blog, le micro-blogging n'appelle pas directement une participation à commenter les messages postés. On peut considérer que son rôle est complémentaire de celui du blog. Ainsi, nombre de blogueurs utilisent les deux outils, rédigeant des posts, du contenu de fond sur leur blog mais faisant en même temps du micro-blogging pour rester en lien permanent avec les autres, communiquer, savoir ce qu'ils font (17), connaître leurs sentiments, sentir le contexte ambiant. Et justement, d'après leurs témoignages, ce serait ce lien "en temps réel" qui donnerait plus d'intérêt à la lecture des blogs, voire en doperait la consultation. En fait, si les gens continuent de commenter et d'interagir, ces commentaires ne se font plus sur les blogs : ils se sont déplacés. Maintenant, “les blogs démarrent les conversations” affirme Loïc Le Meur. En analysant cette évolution, le journaliste Hubert Guillaud se demande si, finalement, la conversation n'est pas en train de se diluer dans de multiples services et applications, à moins qu'il ne faille voir dans ce déplacement vers le micro-blogging qu'une couche supplémentaire à la conversation originale (36). L'analyse de Fred Wilson (l'un des investisseurs de Twitter) va dans cette dernière direction. Il estime ainsi que si le blog a marqué une grande avancée - celle du web statique vers le web en temps réel - Twitter a été encore plus en avant dans cette logique. Twitter a développé l'idée d'un accès à l'information plus concis mais surtout encore plus rapide, immédiat (9). Une hypothèse que corrobore une étude fondée sur des statistiques de FriendFeed, laquelle montre effectivement que Twitter, en permettant de fluidifier les commentaires, en favorisant l'immédiateté de la réponse, a comblé un manque qui n'était pas pris en charge par les outils traditionnels de commentaires (36). Quant aux réseaux sociaux, peuvent-ils craindre que la montée en puissance de Twitter ne leur fasse du tort ? Il s'agit surtout de services généralistes, de services de masse où se retrouvent les foules. Certains annoncent déjà que les grands réseaux sociaux de ce type seront peu à peu délaissés (18). Mais pour le reste, c'est le mot "coexistence" qui ressort de leur analyse. Une coexistence pacifique avec les blogs, forums, IM et les autres médias sociaux De nombreux spécialistes affirment en effet que le micro-blogging n'affectera pas les plates-formes traditionnelles de conversation que sont les blogs, les forums, l'IM. Ils joueront chacun de leurs différences et de leurs complémentarités (31). Cependant, si l'on considère les applications de micro-conversation, non plus en termes de trafic ou d'audience, mais en termes d'influence, les statistiques font ressortir que Twitter domine déjà les autres outils web 2.0 (36). Les avantages qui font le jeu de Twitter Sa facilité d'utilisation et de mise en œuvre sont des arguments récurrents dans les témoignages : pas de formation, pas de configuration particulière requise (34). Toutefois, la force principale de Twitter ne réside pas uniquement dans cette très large accessibilité, mais bien dans la capacité à construire autour de lui, grâce à des interfaces de programmation ouvertes (API), un puissant écosystème qui renforce son attractivité en le plaçant au centre des interactions des internautes (32). Aussi au compte de ses avantages : le fait que Twitter permette de créer des groupes privés sur lesquels on peut pousser l'information que l'on désire, que “son immédiateté” est très appréciée, que ce service est bidirectionnel, ce qui permet aux membres de la communauté de réagir et de répondre (34). ... et les points faibles qui l'handicapent Pourtant, les critiques ne manquent pas à l'encontre de Twitter. Parmi les arguments qui reviennent régulièrement chez ceux qui ont testé l'application, on peut citer le fait que, sans stratégie, Twitter s'apparente ni plus ni moins à du “chat”, qu'il fait perdre du temps et qu'il est une source de dérangement supplémentaire, qu'il séduit essentiellement les accros de l'informatique (les ”geeks”), qu'il ne compte pas énormément de membres, que l'on peut trouver d'autres produits et services qui rendent des services équivalents, y compris sur le réseau interne de l'entreprise (12, 19, 26). Ou qui pourraient causer sa perte Mais, plus grave, certains gros problèmes tardent à être résolus et freinent son essor. A commencer par une plateforme technique à bout de souffle Fred Cavazza parle de situation critique : interruptions de service à répétition qui sont insupportables pour un média dont le principe de base repose sur l'immédiateté, blocage arbitraire de fonctionnalités (par exemple, impossibilité de consulter les archives en raison d'un trop fort trafic)... (41). Pour lui, comme pour beaucoup d'autres, l'instabilité de l'application est devenue inacceptable. Les mécontents se sont multipliés et les grands blogs américains se sont même donnés le mot pour faire une exécution publique de Twitter. Ils reprochent notamment au système d'être de plus en plus lent, de ne pas toujours répondre présent, de manquer de fonctionnalités. Ils s'indignent surtout du fait que, malgré de nombreuses remontées sur ces dysfonctionnements, rien ne semble évoluer : les problèmes persistent. Pour eux, d'un point de vue technique, Twitter doit entièrement être reconstruit (42). Mais n'est-il pas déjà trop tard ? Certains constatent que les adoptants des premiers jours commencent à quitter le navire, à bout de patience, et s'intéressent de plus en plus à une offre alternative, FriendFeed, que l'on annonce déjà comme le grand successeur de Twitter (43). D'autres fondent plutôt tous leurs espoirs sur Jaiku qui a été racheté par Google. Aujourd'hui, les offres concurrentes ne sont pas encore suffisamment convaincantes pour que l'on puisse parler d'exode mais les chiffres parlent d'eux-mêmes : le trafic sur Twitter est en baisse (42). A laquelle s'ajoute la croissance folle des followers, Les problèmes de Twitter ne sont pas que techniques. Les blogueurs soulèvent aussi des problèmes de pollution et de spams. Mais, aujourd'hui, le souci le plus préoccupant vient du système des followers ou suiveurs qui montre ses limites et qui sature l'application aussi bien techniquement que financièrement. En général, on compte en moyenne 25 à 50 suiveurs par compte mais, pour les blogueurs célèbres, ce nombre prend vite des proportions incroyables (44). Une personne très médiatique peut en arriver à envoyer des tweets à plusieurs milliers de destinataires. Ainsi, des personnes aussi connues que Robert Scobble (ex-community manager de Microsoft) peuvent revendiquer 25 000 followers, ce qui signifie que chaque tweet envoyé est ensuite acheminé à 25 000 individus (on imagine bien les problèmes en termes de trafics et de coûts de gestion pour Twitter). Du côté des blogueurs français, on arrive à des chiffres tout aussi ingérables pour Twitter : ainsi, Loïc Le Meur annonce près de 10 000 suiveurs (48). Comment faire face ? Il serait possible de limiter le nombre de messages gratuits par mois et de faire payer les suivants (on parle de 10 euros pour 1000 messages) (44). Certains suggèrent aussi de limiter le nombre de followers à 2 000. Tandis que d'autres ventent les mérites des formules payantes Premium. Une chose est sûre : il faut réagir rapidement car la situation ne cesse d'empirer. Et une décision vient d'être prise pour l'Europe... Coup de semonce : l'arrêt des SMS en Europe Depuis peu, Twitter a cessé d'envoyer des SMS d'alertes de following sur les mobiles de ses utilisateurs hors des états-Unis, du Canada et de l'Inde. Selon le blog officiel, les raisons en sont purement financières ; les négociations tentées avec les opérateurs télécoms pour trouver des tarifs acceptables n'auraient pas abouti pour le moment (45) et Twitter en serait arrivé à dépenser des sommes hallucinantes pour assurer ce service d'alerte. La compagnie estime ainsi à 1000 dollars le coût des SMS par utilisateur et par an. Mais la décision d'arrêter les SMS pourrait bien conduire à la mise à mort de l'application en Europe. Plus inquiétant, le modèle économique de Twitter est particulièrement flou La question du modèle économique de Twitter est épineuse : aborder ce sujet revient en fait à appuyer là où ça fait mal car Twitter n'a pas de modèle économique clairement identifié. Il semble même que l'entreprise qui compte 17 employés est loin d'être pérenne. Jusqu'à présent, le service de micro-blogging Twitter était entièrement gratuit et dépourvu de publicité, mais aujourd'hui les fonds manquent et l'application n'évolue plus vraiment. On l'a vu précédemment, les critiques des utilisateurs se multiplient et l'application risque de descendre aussi vite qu'elle est montée. Il lui faut des idées pour rebondir et trouver des finnacements pour évoluer. Les suggestions évoquées par les blogueurs pour monétiser le système sont des recettes déjà bien connues : souscriptions, introduction de la publicité sur les tweets ou utilisation des tweets à des fins commerciales par les entreprises, service premium, flux sponsorisés par des marques... (18, 30, 31). Au sein de l'entreprise, les choses semblent juste commencer à bouger. Le PDG, Jack Dorsey, a été remplacé par son cofondateur, lequel promet que de nouveaux services générateurs de cash seront présentés début 2009. On note aussi que l'entreprise a levé 15 millions de dollars cet été (actuellement Twitter est valorisé à 80 millions) (47). Ces efforts seront-ils suffisants ? Beaucoup pensent que le rachat de Twitter par un groupe tel que Yahoo! par exemple, serait une solution efficace pour apporter une bouffée d'oxygène à l'entreprise, mais aucune rumeur en ce sens ne court sur le web en ce moment (31). Twitter devrait-il tenter une ouverture vers la vidéo ? Dans leur conquête du marché, les outils de micro-blogging en général, et Twitter en particulier, pourraient bien voir dans le recours à la vidéo une prochaine étape incontournable. Argument de poids : les vidéos sont plus parlantes que des textes courts, plus faciles et plus rapides à créer. Sur le créneau précurseur du micro-blogging vidéo, plusieurs sociétés jouent déjà un rôle de pionnier. Parmi ces nouveaux venus (12seconds Poodz, Twiddeo, Eyejot...) (31), on compte au premier plan Seesmic, une application lancée par Loïc le Meur. Ce dernier ne manque d'ailleurs pas d'ambition pour son service qu'il verrait bien devenir incontournable sur le créneau des plateformes de conversations vidéos pour les particuliers, et pourquoi pas également sur celui des marques soucieuses de valoriser différemment leur image et leurs produits vis-à-vis de leur clientèle (32, 37). Seesmic n'a pas retenu la limite "façon Twitter" des 140 caractères, le calibrage de la vidéo reste sous la responsabilité des créateurs. Mais n'est-ce pas là un peu l'esprit de Twitter qui disparaît... ou plutôt une piste intéressante pour que Twitter impose son style concis dans le domaine de la vidéo ? Twitter a su séduire par le lien innovant qu'il a tissé entre ses membres, par le nouveau rapport à l'immédiateté et à la situation dans l'espace qu'il a développé. Il semble même qu'il soit parvenu à créer pour nombre de ses utilisateurs une dépendance à ses services. Mais, pour autant, rien ne dit que son avenir est assuré : trop de problèmes techniques en suspens, un modèle économique bien flou, des investisseurs insuffisants... Sa situation est loin d'être pérenne. Plusieurs journalistes se sont amusés à comparer ce service aux petits poèmes japonais, les haikus (38), sortes d'instantanés limités à trois vers et 17 syllabes qui visent à dire l'évanescence des choses et qui séduisent leurs destinataires notamment parce qu'ils incitent à la réflexion. Si la comparaison est surprenante de prime abord (difficile de trouver la moindre poésie dans la plupart des tweets), c'est peut-être du côté de l'invitation à la réflexion qu'il faut chercher des similitudes : et si Twitter permettait de prendre du recul par rapport aux différents évènements qui marquent une journée, s'il permettait de ne pas rester enfermé dans sa bulle, dans son train-train mais de s'ouvrir aux autres, si c'était une nouvelle façon d'illustrer la formule bien connue de Descartes "je pense donc je suis" ? Alors, de ce point de vue, Twitter est une pratique sociale totalement inédite et certainement pas le média des conversations futiles que certains voient un peu trop rapidement en lui. D'ailleurs, le fait que Google, groupe réputé pour sa capacité à saisir rapidement les nouveaux courants porteurs, ait récemment fait l'acquisition du site de micro-blogging, Jaiku (38), est certainement le signe que cette tendance applicative n'a pas dit son dernier mot. 24 novembre 2008 – Tous droits réservés - © documental/Marie-Pierre Alizay, Chantal Frasez - AUSSI AU SOMMAIRE DE CE DOSSIER Twitter et le micro-blogging : la contagion va-t-elle gagner l'entreprise ? Twitter et le micro-blogging : bibliographie
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