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Facebook-Edvige, les rapprochements hasardeux
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Le journaliste Daniel Kaplan consacre un éditorial sur le site internetactu au rapprochement surprenant fait par l'avocat Vincent Dufief dans les colonnes de Libération entre le fichage policier préventif qu'opère le fichier Edvige et le dévoilement volontaire d'informations intimes par les internautes sur les blogs et autres sites sociaux. Peut-on mettre ces deux faits sur le même plan ? Edvige stocke par principe de soupçon, sans nous demander notre avis : les internautes en réseau font des mêmes informations sensibles un usage stratégique, pour se contruire eux-mêmes dans la relation aux autres. Du point de vue des individus, de leur liberté et de leur autonomie, tout oppose donc les deux démarches. Leur rapprochement inapproprié peut venir du fait que l'on tend à se contenter de sacraliser la notion "de vie privée" dans une définition historiquement datée qui ne correspond plus aux pratiques sociales réelles. Vincent Dufief dresse un portrait de l'utilisateur type de Facebook comme étant un adolescent inconscient des risques du surf et qui ne sait pas à quoi il s'expose. Mais si c'était faux ? Si l'utilisateur de Facebook était moins naïf qu'on le suppose. On n'aurait plus lieu de parler avec autant d'étonnement du "privacy paradox", ce paradoxe qui veut que, dans les enquêtes, les gens se disent inquiets du fichage numérique généralisé mais qu'ils n'hésitent pas à divulger des informations qui les concernent en surfant sur les sites. Et, plutôt qu'un paradoxe, ne faut-il pas voir un changement profond du paysage, des pratiques, des aspirations auxquelles nous ne savons pas encore répondre. Dans cette hypothèse, Kaplan pense qu'il faudrait repenser en profondeur l'édifice juridique et politique qui relie la "vie privée" aux libertés individuelles et collectives et demander aux partisans de la tradition "informatique et libertés" de s'intéresser franchement à ce qui se passe. Plusieurs pistes lui viennent à l'esprit : plutôt qu'une protection par défaut de certains éléments de la vie privée, pourquoi ne pas préférer des dispositifs de "maîtrise" qui permettraient aux individus d'organiser à leur manière ce qu'ils veulent défendre, exposer, négocier. Il s'agirait d'organiser stratégiquement l'opacité, plutôt que la considérer comme acquise. Par ailleurs, les protections collectives publiques pourraient être complétées d'outils collectifs destinés à "surveiller les surveillants" !
Internet Actu - 05.09.08
Pour accéder à l'article intégral : http://www.internetactu.net
Ref. documental : 27478 - l'article original peut être consulté chez documental
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