L'idée, le fait :
Sean Demory vient de publier avec l'aide du graphiste Steven Sanders une bande dessinée baptisée "Thunder Road". Sa particularité ? C'est aux Etats-Unis la première bande dessinée diffusée exclusivement via téléphone mobile. Thunder Road fait partie d'une gamme de bandes dessinées sur mobile proposées par uClick, un phénomène auquel le Washington Post du 11 septembre 2007 consacre un article. Aux Etats-Unis, plusieurs entreprises font des expérimentations dans ce domaine. Ainsi, Verizon, ATT et Sprint, pour environ 4 $ par mois, proposent un service donnant accès à une douzaine de séries de bandes dessinées traditionnelles et, moyennant un abonnement supplémentaire, à des mangas. Pour chaque titre, de nouveaux numéros ou de nouveaux chapitres sont ajoutés régulièrement chaque semaine. Au Japon, où les gens raffolent de mangas, les bandes dessinées sur mobile sont depuis plusieurs années un service de base de la téléphonie portable. Certains titres sont diffusés sur mobile avant même d'être imprimés. Mais aux Etats-Unis, il ne s'agit que d'une phase expérimentale. Cependant, en rendant l'expérience sur téléphone mobile plus engageante, grâce à la technologie et à la vidéo, il devient possible de toucher un grand nombre de consommateurs dans divers secteurs. Reste que, Steve Sanders en est convaincu, l'avenir des bandes dessinées passe par le monde numérique. Les opérateurs de téléphonie pour leur part sont plus réservés, des problèmes techniques restant à résoudre. Les petits écrans posent problème ainsi que la durée des batteries, et certaines bandes dessinées sont plus difficiles à lire que d'autres... Mais pour Forrester Research, le doute n'est pas de mise, les bandes dessinées sur mobile constituent un contenu susceptible de faire un tabac similaire au téléchargement de sonneries ou de fonds d'écran.
Le commentaire :
Rappelons que, pour rencontrer le succès, une technologie doit être adaptée à un usage (que celui-ci ait été prévu par les concepteurs ou provienne d'un détournement des utilisateurs) mais doit également entrer en résonance (tendance sociologique nette) avec un marché substantiel. Si les lecteurs de MP3 ont fait un tel malheur, c'est qu'ils étaient adaptés à l'écoute de la musique en tous lieux, mais surtout que l'écoute de la musique est essentielle aux jeunes, cœur de cible de la vente de disques. Dès lors on s'explique mieux l'échec du e-book, technologie non seulement peu adaptée à la lecture de contenus lourds (livres...) mais cherchant en plus à pénétrer un marché du livre dominé par des consommateurs mûrs, peu dépendants de la technologie. En clair, la BD sur mobile n'a de son côté aucune raison de ne pas faire un tabac, même si des problèmes restent à régler (comme toujours), surtout si les BD sont conçues pour ces appareils. Voilà évidemment une information importante pour les éditeurs de BD mais également pour tous ceux qui ont à communiquer, notamment en direction des jeunes. Vers cette cible, la communication par mobile (le PC c'est ringard) par le biais d'une histoire sous forme de BD devrait faire un carton. Une bonne innovation de communication en perspective !
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