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Visionnaire ? SARKOZY n'a pas emprunté Chorus
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L'idée, le fait :
Les Echos du 22 novembre 2007 annoncent un scoop : l'appel d'offres pour le lot déploiement du projet Chorus, le grand projet de refonte de la comptabilité publique notamment aux normes LOLF et un des plus gros chantiers informatiques de l'Etat, est déclaré sans suite. Cette décision, qui a surpris toutes les SSII attendant avec envie ce contrat depuis des années, tiendrait au probable changement de la structure de la gestion budgétaire de l'Etat à laquelle le gouvernement mettrait la dernière main en ce moment. Les journalistes rappellent à bon escient que le lot intégration, lot central du projet, avait également été déclaré sans suite il y a un an. De quoi s'interroger sur ce qui reste du projet après deux revers successifs d'une telle ampleur...
Le commentaire :
Rappelons que le projet Chorus fait suite au projet Accord II stoppé net par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Economie, projet qui suivait Accord I et Accord I bis. Bref, le plus grand projet de modernisation de l'Etat depuis la fin des années 90, fondé sur la base d'un progiciel de gestion intégré (ERP), se débat donc dans d'atroces souffrances organisationnelles et de gestion de la commande publique (procédures d'achats). Que retenir de ce fiasco ? -1- Il est possible de gérer l'Etat selon la LOLF sans avoir obligatoirement recours à un ERP (puisque c'est la situation actuelle), contrairement aux affirmations péremptoires des éditeurs, des consultants et de certains ministres (sous influence ?), -2- Les problèmes de gouvernance appellent des types de solutions qui engendrent d'autres problèmes de gouvernance qu'on pourrait tout de même essayer de voir venir, -3- Comme le savent les bons stratèges, attaquer trop longtemps le même ennemi est voué à l'échec car il apprend à vous connaître. Ici l'ennemi était l'Etat « archaïque » que l'on voulait moderniser de manière transministérielle à partir du ministère de l'Economie (sic), -4- Finalement la modernisation de l'Etat pourrait commencer par la modernisation des méthodes de management des grands projets complexes et par une remise à plat des relations avec les grands cabinets de consulting. Dernier enseignement : même un ministre influent et, en l'espèce, bien inspiré, qui prend une décision sans ambiguïté (l'arrêt du projet Accord II), ne réussit pas à tuer ce type de projet. Même la tête coupée, le canard marchait encore !
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