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Offshore en Inde : PARTIR, C'EST MûRIR un peu....
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L'idée, le fait :
Le 22 octobre 2007, OutlookIndia évoque un sujet d'importance pour tous les informaticiens indiens : les problèmes de santé liés à la pratique intensive de l'informatique. "Les indiens urbains payent de leur santé le prix de leur carrière dans les métiers à haute teneur en informatique", avertit le journaliste en guise de sous-titre. Et il évoque ensuite le cas de plusieurs jeunes informaticiens passant huit à neuf heures par jour devant leur écran à produire du code, obligés après quelques années de s'arrêter pour maladie. Ils sont victimes de CRI (Computer-Related Injuries), pouvant être répartis en trois grandes catégories : problèmes visuels, troubles orthopédiques dus à des postures inadaptées et, plus fréquemment, traumatismes dus à la répétition du stress. Ces CRI représentent aujourd'hui la plus forte croissance des risques professionnels en Inde. En cause : une ergonomie inexistante et de mauvaises habitudes de travail dans les secteurs où l'on pratique l'informatique de manière intensive. Ce n'est pas tant la prévalence de ces traumatismes qui est inquiétante mais leur sévérité. Par exemple, le RSD (dystrophie sympathique réflexe) est un trouble neurologique chronique qui fait de très nombreux "invalides" parmi une population jeune et de haut niveau. Toutes ces pathologies ont un facteur en commun : la station de travail. Position de travail, des yeux, des mains, écran, station assise prolongée, lumière ambiante, climatisation, tout y passe. Les remèdes ne sont pas simples : de la chirurgie à la médecine traditionnelle, de l'orthoptie aux onguents, sans compter les arrêts de travail multiples et répétés... l'Inde commence à être malade de sa spécialisation. Deux catégories d'entreprises y sont davantage attentives que les autres : les filiales de sociétés étrangères, qui ont rencontré des problèmes similaires ailleurs leur ayant valu des poursuites pénales ; et les entreprises locales dont les managers ont pu être eux-mêmes affectés par ces troubles.
Le commentaire :
Et dire que l'Inde fait figure de modèle industriel dans le domaine du logiciel depuis plusieurs années, durant lesquelles on nous a vanté les mérites de ces nombreux centres de développement offshore étalonnés au niveau 5 (sur cinq) sur le CMM (Capacity Maturity Model), référence mondiale en matière de qualité totale ! Un modèle de maturité qui intègre (nous dit-on) tous les critères imaginables pour évaluer la maturité « industrielle » d'un centre de développement... Il est surprenant qu'un critère pourtant aussi basique que le taux d'invalidité permanente des travailleurs jeunes ait été oublié dans de telles évaluations. Il faut beaucoup de cynisme pour imaginer qu'un centre de développement qui ne laisse pas ses collaborateurs « mûrir » naturellement puisse être considéré, lui, comme mûr... Côté coûts, ce problème pourrait à l'avenir donner un autre éclairage sur les développements offshore. Aux salaires en très forte hausse depuis quelques années, aux problèmes d'infrastructures notamment routières (embouteillages) vont en effet s'ajouter des dépenses non prévues au départ : des locaux modernes et adaptés (éclairage, silence, climatisation, lieux de détente...), du mobilier convenable (sièges, bureaux), un rythme de travail plus normal avec des temps de pause (non directement productifs), une médecine du travail de proximité, voire pourquoi pas des syndicats un peu plus remuants...
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