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Réseaux sociaux ? Faut arrêter de DECONN... ECTER !
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L'idée, le fait :
Monica Hesse, journaliste au Washington Post, nous raconte le 28 août 2007 comment Jason Calacanis, figure connue de l'Internet et des membres du réseau social Facebook, a décidé d'arrêter de faire le lien entre les différents membres de la communauté. Baptisé autrefois "The Connector" (Le Connecteur) par le New Yorker, l'homme est fatigué. Et il prédit que d'autres le seront à leur tour. Que va-t-il alors advenir de Facebook et de ses quarante-trois millions de membres dont 50% d'étudiants ? Duncan Watts, professeur de sociologie à Columbia University, reconnaît l'importance de ces réseaux mais remet en cause la pratique absurde des étudiants qui passent, selon lui, plus de temps sur de microscopiques détails de la vie des internautes figurant sur leur liste d'amis qu'à construire de véritables relations. Le terme "réseau social", né en 1954 sous la plume du sociologue J.A. Barnes, désigne des individus (ou groupes d'individus) reliés entre eux par un ou plusieurs critères : valeurs, intérêt financier, amis, hobby etc. On considère couramment que plus un réseau compte d'individus, plus sa valeur augmente. Toutefois, il existerait un nombre maximum de membres à ne pas dépasser, en l'occurrence cent cinquante (c'est le nombre de Dunbar, déterminé par des critères anthropologiques). Quand les groupes dépassent ce chiffre, ils se divisent généralement pour que perdure l'établissement de relations approfondies (au sens cognitif du terme). Facebook, lui, a continué à grossir en incitant chacun à apporter son lot de relations. Une sorte de course à la taille. L'un des grands problèmes des réseaux "sociaux" provient de leur manque de compatibilité : faire partie de dix réseaux impose la gestion de dix listes d'amis, de centres d'intérêts, de posts. La thèse de l'article est au final celle de "l'effet contraire" : nous serions condamnés à la rupture du lien social (décrite en 1996 comme la conséquence prévisible de l'Internet), à cause de l'abondance même des réseaux sociaux. Parce que nous y papillonnons au lieu d'approfondir nos vraies relations.
Le commentaire :
La promesse de gains, sous-tendue par la seule appartenance à une communauté, néglige trop souvent le terme "travail" dans l'équation de la valeur du réseau. De simples outils mis à la disposition des individus suffisent-ils à créer une valeur collective ? L'Internet est naturellement indispensable à la création de certains réseaux en permettant la massification des communautés. Mais si la condition est nécessaire, elle n'est pas suffisante. L'enjeu véritable ? Le développement de son capital social par l'établissement de relations approfondies entre membres, et pas seulement par une augmentation du nombre de gens avec lesquels on n'a finalement qu'un lien très « virtuel ». Quand "l'objet social" (comprendre l'intérêt commun) n'est pas défini, quand il y a autant d'intérêts que de participants, ce qu'on gagne en nombre de contacts, on le perd en intérêt des relations. Les réseaux sociaux généralistes comme Facebook ont-ils vraiment du sens ? Ne redécouvre-t-on pas ici les fondamentaux qui président à nos bonnes vieilles associations loi de 1901 ?
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