L'idée, le fait :
La revue Communications of the ACM de mars 2007 s'est penchée sur un rapport rédigé par des chercheurs de Duke University and UC-Berkeley, récemment présenté dans le périodique San Jose Mercury News. Cette étude universitaire fait ressortir que 52 % des membres fondateurs clés des startups de la Silicon Valley sont des immigrants (non américains). Ces entrepreneurs, souvent brillants, viennent d'Inde, de Taiwan ou de Chine, entre autres. D'où cette conclusion : pour ces startups, peu importe la couleur et les origines de leurs dirigeants pourvu qu'ils fassent ce qu'on attend d'eux pour conduire l'entreprise vers la réussite : avoir du talent et travailler dur.
Le commentaire :
Voilà une statistique fort intéressante qui permet de s'interroger sur le rapport possible entre innovation et identité nationale, deux thèmes à la mode mais rarement rapprochés. Pourtant ce rapprochement devrait s'imposer : - les "étrangers" qui s'investissent dans les startups high-tech sont-ils différents (talentueux et travailleurs...) ? - les "étrangers" qui émigrent aux USA sont-ils différents (talentueux et travailleurs...) de ceux qui émigrent ailleurs ? - notre représentation de "l'étranger" (qui, dans le sketch de Fernand Raynaud, venait manger le pain des Français...) serait-elle à revoir à partir de cette étude ? Les liens entre innovation, high-tech, création de valeur et identité nationale sont apparemment plus complexes qu'on pourrait le croire et les effets induits plus pervers... Mais au fait, l'étranger de Fernand Raynaud n'était-il pas boulanger ?
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