L'idée, le fait :
Le monde marche à l'envers pourrait-on s'exclamer à la lecture de 01 Informatique du 30 mars 2007 : Harvard diplôme ses cancres... du moins les plus célèbres d'entre eux. La prestigieuse université a prouvé qu'elle était large d'esprit en décernant un diplôme, certes à titre honorifique, à l'un de ses étudiants qui ne l'avait pas décroché trente-quatre ans plus tôt, trop occupé à l'époque à fonder son entreprise high-tech. Cet étudiant anonyme est devenu aujourd'hui le businessman le plus célèbre et le plus riche de la planète : Bill Gates, fondateur du groupe Microsoft.
Le commentaire :
Harvard et d'autres prestigieuses grandes écoles présentent un palmarès impressionnant d'anciens élèves devenus patrons d'entreprises prestigieuses. En revanche, parmi les figures incontournables de la nouvelle économie, on ne trouve aucun ancien de Harvard. Visiblement ces institutions savent produire ou plutôt reproduire les élites, mais leur capacité à former des bâtisseurs, innovateurs, créateurs et autres inventeurs de nouveaux mondes est plus discutable. En France HEC, qui a inscrit au cursus il y a plus de vingt ans une option création d'entreprise, compte à sa sortie toujours aussi peu d'étudiants fondant leur entreprise. Le problème devient particulièrement patent en période de grandes transformations comme celle que nous connaissons. C'est donc tout à l'honneur de Harvard de saisir le problème à bras le corps. Puisque l'institution ne sait pas former ces bâtisseurs... qu'elle labellise au moins ceux qui ont réussi sans elle (du coup avec peu de risques de se tromper) ! Voilà un dispositif intelligent qui permet aux "autodidactes" qui ont réussi (et seulement ceux-là) de se voir reconnus à l'égal des grands diplômés. Une variante américaine et pragmatique de notre fameuse Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) lancée par le gouvernement Jospin qui, chez nous, ne rencontre qu'un succès... d'estime.
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