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Dossier Education (1/4) SCHOOLWARE copie à reware ?
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L'idée, le fait :
Un article du Washington Post du 5 avril 2007 détaille les résultats de la mission d'audit menée par le ministère américain de l'éducation sur l'efficacité des logiciels éducatifs. Le marché des logiciels éducatifs a été dopé par la loi initiée par George Bush « aucun enfant laissé de côté » (No Child Left Behind), visant à déverser des milliards de dollars sur le système éducatif pour garantir la bonne prise en compte de la société de l'information à l'école et ce, pour tous les enfants. Le chiffre d'affaires annuel du marché des contenus éducatifs pèse deux milliards de dollars. Le rapport d'audit est sans appel : les contenus éducatifs numériques, du moins tels qu'ils ont été utilisés jusqu'alors, n'ont eu aucun impact sur la performance des élèves. Aucune trace d'amélioration n'a pu être décelée dans les études statistiques ! Le programme « No Child Left Behind » était déjà critiqué pour les scandales financiers qui l'entoureraient. En épinglant le comportement des écoles, davantage préoccupées de s'équiper pour se conformer à la législation que par la performance des élèves, la mission d'audit lance une polémique qui devrait enfler à l'heure où le congrès envisage de reconduire la loi. Naturellement, l'industrie se défend en expliquant que la technologie n'est pas en cause. C'est l'usage qui serait le responsable ! Pour preuve, aucun enseignant n'introduit les technologies de la même manière. Alors que certains l'utilisent comme un simple complément d'exercices, d'autres vont jusqu'à la substituer complètement aux manuels scolaires.
Le commentaire :
Le retard de développement est-il condamné à produire toujours les mêmes effets ? Dans les années 1970, les pays en voie de développement (expression de l'époque) étaient censés accuser un retard de développement par rapport aux pays occidentaux, alors appelés "développés". Résultat ? La théorie économique dominante prônait une politique volontariste, baptisée "big push", postulant que seuls des investissements massifs couverts par l'emprunt étaient capables d'apporter à ces pays un développement économique rapide et substantiel. On connaît le résultat : les investissements massifs ont été l'occasion de nombreux détournements financiers, mais également à l'origine d'un endettement vertigineux que des taux d'intérêt élevés ont transformé en bombe à retardement. Quand au retour sur investissement, il fut presque nul. La notion de retard sous-tend celle d'un modèle sur lequel il faut refaire son retard. Il s'agit donc de se conformer à un modèle extérieur, idéalisé, non approprié... Le programme No Child Left Behind (notamment sur la partie contenu) a pu faire dire à certains que les USA avaient une politique volontariste d'adaptation de l'école aux défis du numérique. La réalité est quelque peu différente. Seuls les usages déterminent le niveau d'adaptation. Or, usages et investissements massifs n'ont qu'un rapport assez lointain, voire contre-productif...
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