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Infosys : VOL AU-DESSUS d'un nid de gourous ?
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L'idée, le fait :
Communications of the ACM, la prestigieuse revue américaine consacrée aux technologies de l'information nous livre une brève sur l'offshore dans son numéro d'octobre 2006. Evoquant les débuts d'Infosys, avec sept collaborateurs dans un appartement exigu autour d'un ordinateur occidental acheté grâce à une autorisation gouvernementale, l'article rappelle que la SSII indienne, devenue numéro 2 dans son pays avec 58 000 employés, vaut aujourd'hui 22 milliards de $ en bourse. Pour faire face en particulier à la croissance de l'offshore, elle devrait recruter 25.000 personnes cette année, dont 300 jeunes diplômés des meilleures universités américaines. Ceux-ci suivront une formation complémentaire de plusieurs mois dans le nouveau complexe ultramoderne de Mysore avant de retourner aux USA dans les implantations américaines d'Infosys.
Le commentaire :
Ironique retournement de situation ! Nous avions déjà évoqué les professeurs indiens (La Lettre documental n° 19) qui coachaient à distance les étudiants américains via des plates-formes spécialisées. Infosys monte d'un cran en faisant venir dans ses locaux en Inde les jeunes diplômés fraîchement embauchés. Les étudiants concernés ont-ils tellement de retard par rapport aux standards d'Infosys ? Leur formation initiale, dans les meilleures universités américaines, est-elle à ce point insuffisante ? Où s'agit-il tout simplement d'un processus de conditionnement culturel comme les multinationales, notamment anglo-saxonnes, les affectionnent ? En fait, l'investissement consenti par la SSII sur ces jeunes recrues est modeste : 300 sur quelque 25 000 embauches cette année. Infosys, en poussant le mouvement connu de l'offshore jusqu'à la délocalisation, même provisoire, des compétences des pays du nord, serait-il en train de réinventer l'offshore ? L'offshore « classique » effrayait déjà les syndicats européens et malmenait les certitudes de domination technologique des Américains. Il n'est pas sûr que cette nouvelle tendance, si elle est confirmée, soit moins inquiétante... Une chose est sûre : de nombreux jeunes, ingénieurs ou non, américains ou non, ont bien compris qu'une expérience internationale est désormais nécessaire et que celle-ci passera de plus en plus par l'Inde ou la Chine !
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