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Le fabuleux destin DU CABLE en France...
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L'idée, le fait :
La Tribune du 1er décembre 2006 relate le lancement, en première mondiale, d'une offre d'accès Internet à 100 Mbits, pour 29,90 euros seulement. Cette initiative de très haut débit menée par Noos Numéricâble s'adresse dans un premier temps aux 400.000 foyers déjà raccordés dans dix grandes villes. Noos Numéricâble affirme pouvoir proposer son offre à 100% des foyers des villes de plus de 100.000 habitants d'ici à la fin 2007. L'article de la Tribune rappelle utilement que l'opérateur dispose désormais de près de 100% du réseau câblé français, depuis les fusions en cascade des quatre opérateurs français (Noos, UPC, NC Numéricâble et France Telecom Câble).
Le commentaire :
Dans un pays comme la France où le câble n'avait pas connu de développement significatif, le développement du haut débit pas trop cher, sur une infrastructure existante (l'ADSL), avait tué dans l'œuf tout espoir de voir le compartiment câble du marché des télécoms se développer dans le cadre d'une saine émulation concurrentielle. Dès lors, l'autorité de régulation (l'ART à l'époque) n'avait pas d'autre choix que de reconnaître (voir la lettre n° 10 - janvier 2004) que la sacro-sainte concurrence qu'elle est chargée d'organiser devait s'envisager non pas entre acteurs du compartiment câble mais entre le compartiment câble et le compartiment ADSL, puisque le seul compartiment câble constituait un segment de marché à l'évidence incapable de nourrir plusieurs acteurs. Résultat, la fusion des concurrents était engagée pour créer un monopole de fait dans le câble. Aujourd'hui, le très haut débit permet au câble d'entrevoir l'avenir avec plus de sérénité. Quant à Noos Numéricâble, il peut se permettre d'investir massivement car, avec 100% du marché, les retours sur investissement ne devraient pas pouvoir lui échapper ! Pas facile d'organiser la concurrence dans un domaine aussi mouvant que les technologies des télécommunications ! Le dosage entre « rente de situation » et « marché non profitable » y est particulièrement délicat, surtout lorsqu'on morcelle le marché en compartiments qui, par définition, ne cessent de se recomposer. Pour France Telecom, l'opérateur historique, le coup est rude. Car il se retrouve aujourd'hui face à un acteur quasi monopolistique, tandis que son propre monopole a été méthodiquement rogné par le régulateur. La technologie disponible sur le câble permet de décupler les débits de l'ADSL pour un prix similaire. Comme réponse technologique, la fibre optique nécessite non seulement des investissements massifs, toujours délicats lorsqu'ils risquent de profiter un jour à la concurrence, mais surtout du temps, temps qui sera mis à profit par ce monopole du câble pour prendre des positions déterminantes. Mais finalement les plus à plaindre ne sont-ils pas les DSI qui font déjà face à des remarques désobligeantes sur leur incapacité chronique à fournir à leurs utilisateurs, sur leur lieu de travail, les mêmes débits que ceux qu'ils peuvent se payer à titre privé à leur domicile (20 mégas pour 30 euros) ? Avec 100 mégas pour 30 euros, il va leur falloir prendre des cours de... communication... accélérés !
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