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Après une période initiale où l'offshore suscitait de grandes espérances, nous voici maintenant parvenus à celle des retours d'expériences. Pour mieux saisir le contex-te, rappelons brièvement quelques définitions : l'offshore est une « sous-traitance informatique dans des pays à faible coût de main d'oeuvre » ; le nearshore en est une déclinaison plus proche géographiquement (on lit souvent moins de trois heures d'avion) ; et l'onshore est défini comme « l'immigration d'informaticiens étrangers ».
Observons le cas de la France : des SSII indiennes (Wipro, Tata , Infosys...) s'implantent dans notre pays, pendant que des SSII françaises (Cap, Atos, Valtech...) s'installent à l'étranger ou tissent des partenariats avec des SSII locales. Se créent des SSII, dites « pivots », qui servent d'intermédiaires entre le client final et la SSII locale. Les grosses SSII pratiquent plutôt l'offshore (Inde...), alors que les moyennes pratiquent plutôt le nearshore (Espagne, Maroc...). Notons également que quelques rares DSI pratiquent l'offshore en direct, comme BNP ou PSA. Actuellement, l'offshore rencontrerait une phase de désillusion : les économies envisagées ne sont pas au rendez-vous dans un cas sur deux ; de nombreux coûts cachés apparaissent (formation, encadrement, formalisation des besoins...) ; les risques demeurent (géopolitiques, juridiques, contractuels...). En fait, certaines prestations semblent mieux se prêter que d'autres à la pratique de l'offshore : celles dont les spécifications sont stabilisées ; celles nécessitant une faible interaction avec le client final ; celles qui ne cumulent pas tous les décalages (langue, horaires, culture..). Quels pourraient être à terme les impacts de l'offshore : plutôt une pression sur les salaires qu'une perte réelle d'emplois, une séparation plus marquée entre les tâches de front-office (contact avec le client) et celles de back-office (réalisation de la prestation), une course à la certification...
Pour les DSI, quelles sont les conséquences ? Sur le papier, le tarif horaire ne favorise pas les DSI. L'enjeu est donc pour elles de justifier en interne ces coûts face aux SSII des pays émergents, d'autant plus que les Achats et les DRH s'alignent souvent sur des grilles qui valorisent le quantitatif au détriment du qualitatif. Une source de tensions dont l'entreprise se passerait bien... Sous la pression du marché et du discours marketing, les DSI devraient difficilement échapper à une expérimentation, seule façon de démontrer objectivement les avantages et les inconvénients de l'externalisation offshore. En fait, pour un service bien compris, il faut ne pas se focaliser sur les seuls coûts. Pour preuve, cet argument « coût » tend d'ailleurs à être relégué au second plan par les pays « offshore » les plus mûrs...
Finalement, le service informatique n'est-il pas d'abord un métier de service, donc de proximité ? Après tout, ce modèle fait le succès des SSII...
Quelques documents sur le sujet :
L'Inde en surchauffe face au phénomène offshore Management & Budget Informatiques, nov. 2005, p.3, ref. Documental 25.526
Informatique et offshore : la France à la traîne http://www.elenbi.com/telecom_et_si/archives
Cap au Sud www.lexpress.fr/special/dispatchdossier.asp?nom=mondialisation
Invented in India InformationWeek, 13.02.06, p.47, ref. Documental 25.799
Projets offshore : les règles du métier Le Monde Informatique, 03.02.06, p.26, ref. Documental 25.741 Les 10 vérités de l'offshore 01 Informatique, 27.01.06, p.6, ref. Documental 25.690
Etude du phénomène offshore dans le secteur Informatique Jean-Christophe Berthod, Jack Toupet, CGT / Groupe Alpha, 2005
Offshore et emploi : réalités, chiffres et perspectives http://www.munci.org/article319.html
L'offshore reste limité en France, selon le Syntec Les Echos, 26.01.06, p.22, ref. Documental 25.685
Offshore : une menace pour l'emploi... qui ne se justifie pas www.munci.org/20030929/OFFSHORE
Rising Costs Threaten India's Hold on offshore IT Datamation, 08.02.06, p.1, ref. Documental 25.758
The Future of Outsourcing BusinessWeek, 30.01.06, p.1, ref. Documental 25.752
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